août 2005
De l'aphorisme
Se faire flusher en nous disant qu'on est super sympathique, c'est comme se faire violer avec une capote.

C'est tellement faux.
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Du poulet pressé
Peut-on m'expliquer pourquoi le poulet pressé donne systématiquement le va-vite?
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De la relation avec le lecteur
LE MAÎTRE. - Tu aimes mieux parler mal que te taire.
JACQUES. - Il est vrai.
LE MAÎTRE. - Et moi, j'aime mieux entendre mal parler que de ne rien entendre.
JACQUES. - Cela nous met tous deux fort à notre aise.

Denis Diderot, Jacques le fataliste et son maître.
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Du ménage en slip
Le ménage en slip est comme l'amour sans chaussettes : indispensable pour garder un brin de fierté.

L'homme qui nettoie son logement efface les marques de son territoire; ne garder qu'un slip donne un parfum de liberté a une activité qui, malheureusement, n'est que la perte d'un esprit sauvage, souverain, mâle.

Si, si, je vous jure. L'homme, une fois son ménage terminé, est désorienté.

En fait, il serait préférable de rester nu; seuls les dangers liés à l'utilisation de l'aspirateur demandent le port d'une protection approprié. Je frémis chaque fois que je fois un pauvre coin de tapis reste prisonnier de l'engin. Une amputation est si vite arrivée.
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De l'acceptation de soi
Apprendre à se connaître est une chose; apprendre à l'accepter en est une autre.

Accepter qu'on est sensible sans être émotif, qu'on n'est pas aussi riche qu'on voudrait l'être, pas aussi habile socialement que son voisin, pas aussi passionné que ce que les autres recherchent, pas aussi compétent qu'on se l'imagine, pas aussi drôle, pas aussi charmant que le beau brumel qu'on jalouse en secret.

Par moments, je suis un envieux qui le cache très bien.

Mes exigences envers moi-même sont si élevées que j'en suis pétrifié, au sens propre.

Parce qu'accepter ce que je suis, c'est de la résignation.

Et ça m'empêche de dormir.
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De l'ineptie
J'ai si peu pensé pendant mes vacances que j'en ai perdu la tête.

Je me promets d'y remédier aujourd'hui.
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Du rejet
Il est si difficile d'accepter le rejet.

On l'accepte le jour où l'on se questionne sur ce qu'on aime ou pas chez les autres. Accepter le rejet, c'est accepter que les autres nous ressemblent.

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Pour entretenir le feu, il faut choisir le bon bois.
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Du sommeil en camping
Ce qu'on peut mal dormir en camping.

Tourne d'un côté, tourne de l'autre, merde j'ai froid, je me suis luxé l'épaule, j'ai oublié mon oreiller, il n'est que cinq heures.

Au réveil, on réussit même à trouver délicieux le café instantané.
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Du vide
Je pars me faire voir au Saguenay, sur les rives du fjord, faire le vide.

Pourtant, il m'arrive souvent de me dire que c'est ça devrait être la dernière chose à faire. J'ai bien davantage besoin de faire la bamboula.

La solitude n'est pas une maladie. Elle s'apprivoise. Je la chéris, souvent. Trop, peut-être. Si l'approche de la trentaine est le temps des bilans, force est d'admettre que je m'y complais.

Je me promets de réfléchir à tout ça, la saucisse au-dessus du feu.
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De l'apprentissage de l'écriture
J'ai une confidence à vous faire : mon écriture est orgueilleuse.

Si, si.

Bien des gens pensent, à tort, qu'écrire me vient tout naturellement parce que j'ai fait des études en littérature.

C'est tout faux. Écrire le vrai, écrire sans fard, écrire sans forcer le style n'est pas une sinécure. Le premier contact d'un auteur et de ses lecteurs est un entreprise de séduction. Il ne s'agit pas tant de plaire à tous, mais d'aller toucher quelqu'un, quelque part.

Écrire pour soi? Jamais de la vie, qu'il s'agisse de moi ou d'un autre. L'écriture est communication. Point à la ligne.

Si j'ai longtemps hésité avant d'écrire, c'est par refus du tâtonnement, de l'apprentissage, de l'incertitude; c'est par refus du risque.

Refus, déni, fuite : vous les verrez revenir souvent.

Je déteste l'abandon.
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