De la superficialité et de la nana des régions
22 décembre 2005 à 12:56
Ma très chère,
J'ai pas été très assidu, je le reconnais, et j'ai même pas de raisons valables à te donner. Mais bon, j'espère que tu me pardonnes, je te ferai de la soupe si t'en as envie.
Il se passe tout plein de choses dans le monde, la Cour suprême a même légalisé la brochette, mais je m'en voudrais de t'en parler, parce que franchement, j'y connais rien. J'suis tout petit, moi, et les grandes considérations, je me plais à les considérer qu'en surface. Y'a un pote à moi, dans ma bibliothèque, qui dit que seuls les esprits superficiels abordent une idée avec délicatesse. C'est pas con quand même. Les esprits graves, c'est du sérieux leur truc. Pas capables de parler pour rien dire, pas capables de baiser pour jouir un rien, pas capables de se marier pour l'argent, pas capables de s'aimer d'une seule main. Tu sais de quoi je parle, dis?
Cela dit (parce que, il faut que je te le dise, « ceci dit » est illogique, hein, j'ai le poil de rein qui me dresse chaque fois que je l'entends à la télé), je voulais te parler un peu de la nana des régions. Va savoir pourquoi, cette espèce qu'on rencontre souvent à Montréal exerce un charme indéfinissable sur moi. Je sais pas si c'est mon envie de chasser l'orignal, mon âme de coureur des bois qui s'est transmuté en coureur de nichons, ou mon pénis qui veut visiter les grands espaces, mais enfin, bref, le contre-nature, c'est pas mon truc.
Tu trouves pas, toi, que la nana des régions est vraie? Mais quel caractère! Quand elle te regarde avec ses grands yeux de sauvagesse, tu sais que tu vas passer à la casserole, mais tu sais pas trop comment. C'est particulièrement vrai si la culottée t'as déculotté, tu sais pas trop si ton intégrité va se retrouver sur le billot ou sous le palais. C'est ce que j'aime, moi, la surprise.
Oh! Il y en a même qui sont instruites. Alors là, c'est le pied! T'imagines discuter littérature bien au chaud sous une peau d'ours qu'elle a elle-même tué? C'est qu'elle prendrait son pied par la suite, je te jure. Le bonheur, c'est vraiment le pied.
Allez, je t'embrasse.