Ce n'est pas tout à fait complet, j'ai encore des archives à transférer (c'est long, putain) et je vais probablement faire des retouches, mais je ne publierai plus de billets ici. Une fois le transfert terminé, j'effacerai tous les billets, sauf celui-ci.
On se retrouve là-bas?
Certes, les quartiers branchés s'accommodent mal de la spontanéité enfantine : ils sont conçus pour l'intellectualisme tape-à-l'œil et les apparences tête-à-queue. Mais ce n'était pas important : ma nièce s'accommode bien d'un tonton sérieux comme un pape qui n'hésite pas à tirer la langue en causant littérature. C'est qu'on se comprend, elle et moi : les solitaires se comprennent mieux parce qu'ils savent se taire.
Je l'entends encore me raconter comment sa copine, Irakienne, se sent bien seule dans sa classe de morale et comment cette dernière a hâte de la retrouver, l'an prochain. Dans les banlieues, les parents ont déserté les églises pour que les enfants occupent les classes d'enseignement religieux. Elle me parla d'histoire, de Jeanne Mance, de Jacques Cartier, des Filles du Roy entre deux croquées de sorbet à la mangue. Je lui rappelai le contexte de la Guerre de sept ans, pourquoi il valait mieux, aux yeux du roi de France défait, céder à l'Angleterre ces quelques arpents de neige qui ne cachaient que de l'or des fous.
Tonton lui offrit des livres pour satisfaire sa curiosité.
Et une barrette pour croire qu'elle est toujours la princesse dont il a changé les couches.