L'Aéroglisseur

(cf La Garde-côtière canadienne)

L'application la plus connue de la technologie du coussin d'air est l'aéroglisseur («hovercraft»). La faible pression exercée par le coussin d'air rend ce véhicule pratiquement indépendant de la surface au-dessus de laquelle il évolue.

L'aéroglisseur se présente comme un véhicule de surface assez développée pour supporter son poids avec une pression d'air réduite, de l'ordre de 500 Pa (moins d'un dixième de livre au pouce carré) pour les petits véhicules à 3 000 Pa (environ une demi-livre au pouce carré) pour les plus gros. L'aéroglisseur est généralement propulsé par des hélices aériennes; les aéroglisseurs marins, à parois latérales rigides (SES), utilisent des hélices marines ou des propulseurs à jet d'eau.

Le système caractéristique de l'aéroglisseur est son coussin d'air. Ce système se compose d'un ventilateur qui absorbe environ 20 kW de puissance par tonne, et des jupes souples dont la hauteur dépend des obstacles à surmonter. La hauteur des jupes sera d'environ 5 % de la longueur du véhicule, une proportion à augmenter pour les petits véhicules.

Sur l'eau, à basse vitesse, le coussin produit une cuvette dont le volume d'eau déplacée est équivalent au poids du véhicule, avec une profondeur qui dépend de la pression du coussin. Lorsque le véhicule accélère il se produit le même phénomène qu'avec une embarcation rapide : le véhicule surmonte le bord de la cuvette, il déjauge. Par contre, contrairement à l'embarcation rapide, il se déplace par la suite à une vitesse telle que la pression du coussin n'affecte plus la surface de l'eau et l'aéroglisseur ne fait que des vagues d'amplitude décroissante.

Durant cette accélération la résistance de l'eau croît à un maximum, à la vitesse de déjaugeage («hump speed»), et décroît par la suite à une fraction de la résistance au déjaugeage. Pour le développement mathématique, voir, parmi d'autres, Barratt, M.J., Journal of Fluid Mechanics (1965), vol. 22, part 1, pp. 39-47.

En pratique, si la résistance hydrodynamique disparaît, le contact des vagues avec les jupes délimitant le coussin, la résistance aérodynamique du véhicule, la résistance de captation de l'air du coussin, résulte en une résistance croissant avec la vitesse. En comparaison avec des bateaux de même charge utile, l'aéroglisseur permet des vitesses de 30 à 40 noeuds. L'ancêtre des traversiers rapides sur la Manche, l'aéroglisseur SRN-4, atteint 60 noeuds. En prime, l'aéroglisseur donne la possibilité de se déplacer sur l'eau sans s'occuper de la profondeur de l'eau ou de la présence de banc de sable.

L'aéroglisseur peut circuler sur la boue, sur des marécages et, généralement, partout où le sol est trop faible pour supporter des véhicules conventionnels. Les opérations terrestres de véhicules à coussin d'air ont mené à des conformations différentes pour tenir compte, en particulier, des manoeuvres sur des pentes et des vitesses plus basses.


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Page créée le 24 août 1997 par MALINA Conseil inc.
Dernière modification le 4 décembre 1997.