CHRONIQUES CHANGOLOS

pour te tenir au courant del rio Chango

mardi, août 26, 2003

14, 15 et 17 AOUT - La Tournée du Saguenay 

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J'écris de mon lit ces chroniques, c'est la première fois que je débranche mon laptop antique génération, c'est dire, juste à coté du bedon rond de mi amorcita où Zïa s'amuse à faire des cabrioles juste quand je ne regarde pas ...
Nous sommes frais rentrés d'une petite tournée rootsy de quatre jours dans la région du Saguenay et nous avons encore une dizaine de jours devant nous à se la couler douce à la casbah avant de repartir encore sur la ruta infinita de la musica ...

Tout le monde était pas mal sur sa ride pour celle là et la quinzaine passée chacun de not'côté après la folie des Francos (voir la chronique précédente) nous a fait à tous le plus grand bien, les retrouvailles étant placées sous le signe de la Lune en conjonction avec la fête et la pachamama: Gaboo, le grizzli astral, convolait en noces elfiques avec Édith, Macéo goutait aux joies du camping avec sa belle, Kuba s'époumonait solo dans sa salle de bains, you know it's "cool jazz", Rico chevauchait sa Suzuki noire comme un rider of the sun, mettant fin à son régime végétarien à grand renfort de tapas d'insectes en tous genres et Claudanie enflammait le Balcon Vert avec Luca de ses refrains printaniers ...

Nous partâmes comme de bien entendu sur le fuseau de la tranquilité en compagnie de Miguel, el congasero, la van chargée à bloc, les changolotos stoppeurs ayant décidé de voyager léger ... C'est avec un magnifique coucher de soleil sur la baie que nous arrivâmes finalement à Tadoussac: le buffet nous fît de l'oeil assez rapido après nos simiesques embrassades: peaux hâlées et sourires scotchés sur tous ces visages rayonnant de liberté, café cognac avant de se taper le sempitirnel sound check time, le show lui même n'étant pas avant onzes heures trente ... Le matos n'est pas à tout casser mais on va te les faire cracher les putains de JBL en plastique ! Discussions enjouées et "chistes" -blagues en argot mexicain- à la pelle, siestes crapuleuses et une envie profonde de répondre à l'appel de la pura fiesta en ces soirs de Lune magique: la gang de H'Sao est aussi dans la place,ils jouent le lendemain, et on est pas mal contents de les voir, les ayant croisé ça et là tout l'été ...

Le premier round commencera à la bourre mais sur les chapeaux de roues: "Paramatman", "Zen in da zion zone", "Mystic man", des titres hi-fi pas forcément évidents pour ouvrir le bal mais superbement accueillis; on caliente l'affaire avec "Chill 'n' chile", je déconne avec l'assistance, avec un brin d'insistance, sur la mala reputacion que j'ai acquis dans la région, spéciale dédicace à mi amorcita et là c'est le feu sur "Les pleins et les déliés" sur le boutte ska et ça lâche pas jusqu'à la fin du set: "Joyeus'ment désespéré" est carrément hystérique, sur scène, c'est les tropiques ... Résultat, mon gars, il est trempé le maillot du Brasil, de toutes les toxines inutiles ! On ouvre le deuxième round avec "La vie c'est dur": les brass sonnent la tonne et la rythmique cartonne ... la onda Irié est dans la place, tout comme la fibre activiste: on cause de cette belle cause qu'on appuie, "le grand vacarme" pour OXFAM Québec: aider à récolter trois millions de signatures pour forcer l'OMC à considérer de plus près les avantages du commerce équitables pour les paysans des pays du Tiers Monde et tempo idéal pour jammer "Asi es el hombre", tight, bien roots et à propos ... "Que Dieu te bless'" confirme et quand viennent ensuite les up tempos dans des BPM presque impossibles "Y'a rien à faire", "High aïe aïe" et "Crapet soleil", c'est de la pura locura dans la salle et la canicule on da stage ... on plante le clou final avec "Science sans conscience" et on jette l'éponge pour plonger dans l'arène et se taper una cervecita bien méritée: toute la tropa est primée et se congratule, on festoie jusqu'aux petites heures, même si certains -qu'on ne nommera pas- se révèlent pas mal petits joueurs ...
La nuit sera courte, le petit prince nous levant pas mal tôt mais tant mieux, on va profiter à donf ' de la farniente près du lac: viennoiseries et espresso au Café du Fjord y los vamos por el chill out time, attenué un brin par le passage des gros trucks sur la route juste dernière nous, mais quel beau paysage ! On s'ébroue tranquillou, en sirotant de la broue tout au long de la journée, sans trop en péter ... Martin des Faux-monnayeurs, est des nôtres, avec son fils et sa bonne humeur coutumière et nous fait mourir de rire, en se faisant une petite tâche à la Gorbatchev après un plongeon raté; un spliff on da fly avec Macéo et à la cama por una siesta: les changolos vont quant à eux voir les baleines -dans leurs rêves, car aux dires des plus vaillants, tout le monde a écrasé son reste sur le pont- et c'est à mon réveil que je constate l'évidence de mon erreur stratégique dans ma lutte contre la fatigue ... je comate un bon quart d'heure, mes chaussettes me semblent au bout du monde et il me faudra deux kawas bien tassés pour me shaker un peu le coco; la comida ayuda un poco, comme l'envie collective de faire la fête qui flotte dans l'air ...
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Une entrevue inattendue avec Bandeapart.fm, on accorde les guitares et BANGERANG !!! pour un show placé sous le signe de la pure magie dès les premières notes de l'intro "La Chango Family": la onda est caliente, la manouch'rie comme un refus global, totalemente fatal ! On ne fera qu'un long set, sans temps mort, de plus deux heures: belle écoute dans la smala, rapport public hallucinant, notamment sur "Mystic man" où l'on chante tous ensemble jusqu'à fader la toune, "Paramatman" puissamment afro stylee, "Crapet soleil" avec un duo entre Anit et Zoé de Manouche, "La vie c'est dur" truffée d'impros et de vagues ... Irié !
Gracias a la vida po' darnos tantos momentos alegres ! La suite est plus moyenne, il n'y aura pas le jam voulu, mais une pluie ténue ... le feu n'est pas soutenu, même qu'un casseux de party pile dessus; résultat: on ne vient même pas à bout de la caisse de 24 que j'ai soudoyé gentilment aux jolies serveuses - à quoi ça sert que je me décarcasse ? - et nous perdons peu à peu tous les joueurs, gagnant en contre partie quelques points à notre mala réputacion de fauteurs de troubles, phéno-mène confirmé le lendemain matin, alors qu'on se tenait pas mal tranquille (?!)
Nuit courte comme un pétard à mèche et triste matinée de bruine pour serrer le matos et partir pour l'Île du Repos: Macéo est trempé après la levée du camp, Rico se prend une saucée à moto et nous la route avec le plus de lacets à travers la réserve grace à mes indications fluides et ô combien précises au grand plaisir de Miguel qui chauffe la van ... Nous arrivons les derniers, avec à peine le temps de bouffer et de s'installer dans le chalet familial qu'on se retrouve déjà à sound-checker pour le soir: le son n'est pas évident à placer, tous les items ont l'air disproportionnés tant le retour de salle est puissant: les oreilles sont facilement agressées et la fatigue n'aide pas ...
Avec deux fêtes dans les guiboles, on a un peu les montres molles et la présentation drôle et impeccable avant le set nous parvient comme l'éclair, même si on trouve le temps de déconner derrière les rideaux: on ouvre le bal devant une salle bondée et sold out depuis presque une semaine qui nous accueille avec une chaleur exceptionnelle qui ne se démentira pas de tout le show ... "Mekench mouchkel" avec une belle intro bass/drum & violon, toute en nuances et des frissons tout le long ... "Zen in da zion zone" particulièrement sentie par las mujeres puis on caliente l'affaire tranquille pour finir le premier round "joyeus'ment désespérés" et sur un tempo endiablé ! Courte pause pour des palabres autour d'une coupe de vin et nous entretenons le feu avec des vagues et beaucoup d'impro: "grand vacarme" pour le commerce équitable otra vez et des plages reggae muy chingon "La vie c'est dur" et "Asi es el hombre" au top de la forme ... "Que Dieu te bless' " dans un nuage de fumée de kif et un final déluré up tempo zerbia avec deux rappels, tant le public en redemande: c'est le genre de tournée qui cristallise un supplément de force au talisman chango ... claro que otro mundo se puede !

Nous effaçons lentement nos traces pour les amener autour d'el pow wow fuego et d'une bouteille de rhum cubain torchée aux petites heures: pas de jam, encore, l'esprit de pura fiesta est-il moribond et l'espoir aussi pour de bon à cause de quelques fâcheux à la con frustés, frostés par Babylon et qui n'aiment pas quand on monte le son ? Oui, un autre monde est possible, mais va falloir travailler en tabarnak contre les moves réacs !!! Comme à Tadoussac, les joueurs se perdent peu à peu dans la brume et les libations se terminent en queue de poisson congelé ...
C'est vite oublié le lendemain matin devant un petit déj' copieux et une baignade dans l'eau fraîche du lac qui nous offre la majesté de ses paysages: farniente intense mais de courte durée avant de tomar la ruta infinita jusqu'au creux de la nuit montréalaise pour savourer le repos du guerrier et reprendre des forces pour la prochaine tournée qui passera aussi par des beaux coins de pays pour s'achever au firmament de l'été, le 31, chez nuls autres que Dan et Carolane, maîtres des lieux d'un endroit fabuleux qu'on appelle "Le Crapet Soleil" ... Alors mi queridos carmelitos c'est comme un rendez-vous qui promet des merveilles, avant qu'on veille au grain de l'été indien !!!



posted by Lundo 20:14

mardi, août 05, 2003

24 JUILLET AU 2 AOUT - CHANGO FAMILY CIRCUS 

20 shows en 10 jours
sur la scène Le Monde Forain aux Francofolies de Montréal

Ça y est, c'est la pause pour une dizaine ... Les zicos et les circos changolos ont passé l'épreuve du marathon francofou ... Je peux donc siroter mon café avec une vue imprenable sur le lac Désert, tranquille, à la fraîche ... Caresser ma guitare, affiner des nouvelles tounes, inventer de nouveaux jeux avec Tao, reprendre quelques grammes, cultiver l'art de ne rien faire, me balader en forêt, et prendre le temps d'écrire ces chroniques, qui dorment au gaz depuis un mois faute de temps suffisant dans le tourbillon festif de la smala ...
Pas loin de cinquante bamboulas en deux mois, ça en fait d'la gig , ça te met tight une équipe et par la force des choses ça fait des histoires à raconter ... On aurait pu se (re)faire une scène extérieure aux Francos ou essayer de s'incruster dans un doublé d'un soir au Spectrum, mais on a choisi d'innover hors des sentiers battus ...
Depuis presque deux ans qu'on organise au Kola Note des fiestas collectives on s'entourait de cirqueux et le match était étonnamment naturel: idem pour nos trois passages au cabaret -lancement du disque, coup de coeur francophone et rentrée du printemps- Et ça nous a mis la puce à l'oreille et l'envie de pousser le bouchon -de champagne- un peu plus loin: faire ce plan en extérieur, dans une énergie rue, à donf, sans prétention ... et quand Laurent Saulnier nous l'a proposé, on s'est jeté dessus sans hésiter, pour commencer quelque part: oui, c'est sur, on a monté tout ça dans l'urgence, à l'arrache, faute de temps, de moyens et d'un local pour tout la tribu ... on voudrait un chap' ou une immense tente berbère, une déco pétée, pleine de saveurs et de senteurs et on jouait sur une scène plus colorée que la moyenne mais loin de notre vision; foutre un authentique joyeux bordel camper comme de vrais manouches mais tu peux pas faire de BBQ, c'est dangereux, sur le site ...

Alors on a déliré à l'intérieur d'un certain cadre et on a fait débordé les pigments autrement: on a crinqué la machine petit à petit, humblement, rodé la rencontre sous la pluie et dans la bouette, les feed-backs et une sono un peu gentille au niveau décibels, les critiques assassines -merci Alain Brunet ! - les yeux ronds mômes y las palmas calientes du public pour finir dans le tapis et dans une clameur toujours plus grande ... On a eu des sets en après midi un peu mous du g'nou sous le soleil, des delays dubs un peu rushants parfois dans les moniteurs, des pains rytmiques et musicaux à ouvrir une boulangerie, des numéros de parapluie et de rondes champêtres un brin décalés, des sautes d'humeur et des départs -bonne route Léo et bienvenue Miguel -, mais malgré toutes ces imperfections résiduelles on s'est éclaté comme des oufs dans notre ghetto chango !

L'Europe nous fait de plus en plus de clins d'oeil, la tortilla voyage aux quatres coins du monde et se trouve à être le plus gros vendeur du festival -si si !-, le public (de 1 à 131 ans et joliment métissé) nous encourage dans notre démarche de rencontre et de partage ... On est loin du big time et du show baise mais on s'en carre, la caravane avance forte de ces évidences avec qq encarts et pas mal de rencards sans se ruer dans les brancards !
Ce marathon nous a permis de tester notre solidité de collectif en tournée et de vivre des milliers de moments cocasses et magiques: Jessica en agasse pissette amoureuse du chanteur, Tao jouant du guiro sur scène, Anit sur le trapèze avec son violon, le toaster jaune de Vlada en panne que l'on a recouvert de posters Chango garé devant Musique Plus, Lauzion en prophète rasta de la tête aux pieds, les dents cassées de Danielle et Vlada, les paysages de carton défilant sur "chill 'n'chile", Édith souveraine au tissu sur "mekench mouchkel", les cercles de plus en plus courts et de plus en plus freaks, la régression collective à l'état de bonobo sur "science sans conscience", les danses masaï de Gaboo & les moults sketchs incompréhensibles de notre cher Animal Gonzales du genre "Jettez vos g-strings !" ...

posted by Lundo 21:29

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