CHRONIQUES CHANGOLOS

pour te tenir au courant del rio Chango

mardi, novembre 25, 2003

L'automne à Montréal: le 15 novembre à Mercier, le 20 à la prison de Bordeaux et le 22 au Va-et-Vient  

A peine remis de la folie du Carnaval de los Muertos et juste avant nos escapades parisiennes avec Rico Lauzion - bientôt dans les chroniques changolos- on s'est payé la traite creux dans l'est de l'Île, pour une gig en maison de la culture pour le moins inattendue: le diffuseur est une amie de secondaire de la maman de Gaboo et paraît-il les 425 billets sont partis en presque une journée comme des p'tits pains ... L'équipe technique est tout bonnement adorable -ou est-ce moi qui est de bonne humeur !?- , le souper au resto du coin histori-quement déguelasse et les troupes so so vue les ravages du rhume et des grippes, tous azimuts inna babylon qui ont l'air de ravir notre ami Jean Coutu ... Au menu de ce passage étrange, un public très à l'écoute même si les têtes sont grises et blanches en majorité, des impro inspirées et même un sketch de Tao dans un silence entre deux tounes qu'il nous a rempli d'un "Papa tu pues du cul" ma foi fort bien senti, au comble d'une grand-mère le trouvant mal élevé !

Tonton Téquila a les bronches poussives mais il nous mène tant bien que mal sur nos ateliers électriques "Los Gravos" au Zaz Bar -tous les jeudis de l'année quand on y est - et acoustiques "Les Changolos" au Porté Disparu les mercredis - quand la gig elle même n'est pas comme le nom de l'endroit - ...
Mais en cette matînée froide du 20 novembre, il a eu la gentillesse de nous épargner un brin et c'est sans histoire -ou presque- que nous traversâmes le portail chargé d'émotions de la prison de Bordeaux: après un long check-up de nos identités respectives, un passe acroché à la veste, nous avons pu franchir les lignes en compagnie de Mohammed Lotfi,grand frêre spirituel et culturel des Souverains anonymes depuis 14 ans ... Que dire de cette belle rencontre tout d'abord,sinon qu'elle a été trop courte, prise dans des convenances de règles strictes comme pour écraser les possibles feux de joie,rendant à bien des égards les gardiens plus prisonniers que les détenus;et quelle belle leçon de vie de voir tous ces gars à donf' dans l'écoute,dans l'envie de vivre intensément chaque seconde libre ... Les regards, les sourires, les moments de jam ont été forts, les questions posées pendant l'entrevue aussi: pas de niaisage ou de biaisage, c'est cru et direct comme un bon uppercut à la face des journaleux insipides ... Le repas au réfectoire avec les gardiens rendait bien le contraste et nous sommes fiers toute la gang d'avoir été élus souverains nous aussi: vous pouvez tous vous rendre sur leur site,pour écouter les conversations et les jams, d'une grande qualité ... Et au passage, sachez que Mohammed l'impatient acharné et passionné a réussi à avoir gain de cause face au système pour poursuivre sa belle aventure: respect my brother ...

Vous avez été fabuleux pour notre ultime passage au Va-et-Vient et ce malgré la grève des transports qui sévissait:full packed cracked house à tel point qu'on a pu refuser personne et ce, à notre grand bonheur ! On avait même annoncé à la radio et sur notre souk ouèbe qu'on fournissait un service d'autobus chango mais pas un chat ne l'a pris ... Une putain de belle bamboula comme à chaque fois dans ce bel endroit pas encore assez connu et reconnu pour sa guérilla exemplaire dans la vie culturelle montréalaise ... Silvio était un peu sur les rotules mais y'a eu des moments complètement oufs et des impros magiques -c'est ce que je préfère -:d'ailleurs checkez ça, on y retourne au printemps après not' break syndical hivernal le samedi 27 mars 2004: la primera bamboula chango de l'année du monkey !!!
We're gonna feel irié man !!!

posted by Lundo 15:01

samedi, novembre 08, 2003

31 OCTOBRE - Carnaval de los muertos: Le Spectrum 

Quelle putain de bamboula furax que celle là, on en est encore tourneboulés ...

Un soir pas si simple pour faire péter le Spectrum et vous avez été pas loin de 900 changolos à nous faire l'immense honneur de votre présence et de votre chaleur festive : muchissimas gracias à vous tous, vous êtes notre oasis d'espoir dans les traversées de désert !!!
Pourtant tout arrivait en même temps et les bâtons dans les roues furent nombreux:
Papa Chango a encore veillé au grain et tout s'est final'ment aplani comme par miracle ...

On l'a dit sur scène mais pas loin de cinquante personnes, la plupart bénévoles ont été nécessaires à la réalisation de cette belle utopie: La Galarneau et tous les potos de l'atelier papier mâché, Vlada le griot du web et des bonnes idées, Tshi, Héliane, Alex et Christian pour le shooting vidéo et foto, Vinz' prince de la régie et de la diplomatie constructive, Greg, Aladin du tapis médiatique, Yves Archambault pour la magnifique toile de fond qui a mis de la couleur à la noirceur habituelle, la gang des Circos menée par la belle Raphaëlle, la banda mexicana de Manuel, Rico Lauzion a la sono,aux samples, aux dubs et au recording, Selena et Sandra pour le volet manoucherie artisanale, OXFAM & RSF et enfin Michel et Serge des Anges Vagabonds pour les cadeaux et la guérilla pour la scène loca et locale ...
Ça présage les pas à venir pour incarner notre rêve de tourner sous chapiteau !!!

1500 affiches signées Fred Fivaz posées à mano de chango partout dans Montréal, une tournée promo dans les cégeps et les universités, un blitz radio d'enfer - merci à 5 FM, CIBL, CJOS, CKUT & Radio Can' comme toujours- et qq télés -voir la toune live inédite "Dice la tarde" sur Canalvox - ...
Le jour du montage, quant à lui fut très long, la scène, les décors, les monstres en papier maché, les costumes sans oublier les entrevues et le sound-check: il faut avoir la santé dans ces métiers là j'te l'dis mon gars ! Des minages et du déminage jusqu'à la dernière minute, un cercle tous azimuts et BANGERANG !!!
Section rythmique de mariachis guerilleros - Poncho, Gonzo y Juan Gabriel-, princesses africaines -Marylin et Kettie-, Didace Lee Jahmoon & Franckie Chan pour l'épice kung fu, un quintet de schtroumphs marocains aux cuivres, Anit Rasta Yam au violon, Caracol le petit elfe du froid sans oublier mi amorcita en belladonne ..."Paramatman" afrobeat version à cinq brass dans ta face suivie de "Mystic man" et "Zen in da zion " ... "Chill 'n' Chile", le parterre est caliente, idem avec Karim "Zerbia" sur "les pleins et les déliés": les up-tempos cognent et les reggae cartonnent: fin du premier round qui en sept tounes a quand même duré deux heures !
Quart d'heure de pause syndicale obligatoire puis numéro de Jessica la guenon sur fond de musique balinaise: on enchaîne avec "Mekench mouchkel" et les drapés d'Édith ... poème de Wassis Diop récité par Pape et c'est le temps de "Como el viento" avec Nathalie à la cora et qui sera un des moments les plus intenses du concert, la palme et le pic revenant à l'enchainement "ola del cambio/otro mundo" fluide, tight et irié à l'os ... Retour de Karim de Syncop ainsi que Nazir de Salam pour des vocalises inspirées sur "Que dieu te bless' " ... place à la manoucherie acoustique "Caravane","De sang et de feu" avec el amorcita de Anit à l'accordéon et Maruchka, ayant fraîchement accouché de Zïa trois jours auparavant... il se fait déja tard alors après "Crapet Soleil", on cogne les trois dernières pièces à un rytme d'enfer, sinon ce sera une double location: "Yagadan churro" en rappel et la dure réalité d'effacer nos traces juste après cette folie ... Autant d'énergie déployée pour un moment aussi éphémère ... Le démontage sera un brin douloureux et les troupes sont tellement brûlées qu'on remettra l'after qq jours plus tard, au Zaz Bar !!!
À bientôt les changolos, on termine le cru 2003 avec une bamboula au Kola Note le 19 décembre avant de s'évader pour deux mois sur la tierra sagrada de Mexico, cabrones !!!

posted by Lundo 00:08

jeudi, novembre 06, 2003

21 au 28 Octobre- l'Abbitibi Tour: Val d'Or, Amos, Lasarre, Ville-Marie, Rouyn Noranda  

C'est par un matin pluvieux, avec qq fuites dans le toit de Tonton Tequila, notre camion flambant neuf A1 millesimé Ford 89, que nous allâmes au 1960 Parthenais -anciennement l'adresse de notre local de pratique avant expropriation- pour serrer en retard sur l'horaire prévu -évidemment !- la quantité astronomique de cossins qui nous tient lieu de band gear ... Le départ était d'autant plus déchirant que je m'y reprenais à trois fois - les cds, le manteau, la feuille de route- avant de faire en bonne & due forme les adieux a mi amorcita, ronde comme la coupe du monde et pouvant m'annoncer en tournée, à n'importe quel moment l'heureuse nouvelle de ma paternité: à ce titre, je n'ai jamais autant regardé le cadran de mon cel que pendant cette fameuse semaine !
Nous partons donc sur le périph', une pause pour gazer et los vamos con la suerte: no problem, man, God is my co-pilot ... "Lauzion sound system remix 2003" dans notre sono crado, des vivres en masse, des cocottes bien grasses, que mas !? La vita e bella, tout va bien, l'horizon nous appartient: on pousse un peu les limites de Tonton, un p'tit 120, yeah !,allez tiens, on dépasse un gros truck chargé de bois et BANG ! Le wire de l'accelérateur nous lâche, comme ça en pleine descente, juste après Mont-Laurier ... Fuck ! C'est la faillite, tout le monde cancanne sur le van: mais c'est sans compter sur les ressources de Super Gonzo qui nous tape l'affaire jusqu'au garage le plus proche, qui est en fait l'atelier d'un gars sympa qui nous fixe l'histoire avec un tie wrap ... Bilan de l'aventure, juste une heure de perdue sur l'horaire ... Yaman !!!

On traverse rootsy les terres abbitibiennes, enivrés de résines et de grands espaces et sans anecdotes marquantes jusqu'à Val d'Or: on checke in à notre super hotel puis let's go downtown: c'est platte, c'est triste à mourir, y'a pas tel'ment d'vie dans l'secteur ... Une partie de la tropa se goinfre au buffet chinois et les snobs choisissent le Pizzédelic avec ses plats de pates précuites tout sauf al dente ... Pas de show à soir alors on choisit de se taper un cinoche: Sur le seuil, avec Michel Côté et Patrick Huard, d'après le best seller du même nom, d'ailleurs racheté par les amerloques pour une reprise bientôt ... C'est avec des relents de satanisme dans la gorge qu nous échouons au Rockin' pour une binouze de réconfort pour tomber nez à nez avec les Polémil Bazar !
Conversations profondes sur la paternité entre moi et Hugo, parties de pool et jam pour les autres, une belle petite soirée au fond ... La journée qui suit n'est pas des plus marquantes: montage sans accrocs, siestes et boustifaille ... On casse la glace de la tournée sur ce premier show qui ne restera pas au panthéon des plus hot: salle clairsemée faute de promo suffisante -mais où sont les affiches ?- et les nuevos changos un brin dans leurs pitits souliers ... Démontage, retour à l'hotel, parties de pool, jam acoustique de hippies: je jette l'éponge pas mal tôt et me plonge dans le very low profile mode ...
L'étape à Amos sera pas mal plus le fun pour de multiples raisons: ça bouge plus, la salle est écoeurante, la promo bien faite et la onda accueillante: on se lie d'amitié avec le disquaire du coin, un aficionado des musiques punk et métal où la scène loca locale est bien représentée ... Le montage est un pur délice tant le matos sonne la tonne et que l'équipe technique nous a à la bonne: deux sets et deux rappels, on te mets le waï et un putain de bordel, ça rocke la casbah et les étudiantes ont leur petits culs serrés mouillés ... Il faut dire que le passage-entrevue-jam sur des casseroles en avant midi avait eu l'effet de una bomba et que nous avions invité les deux plus jolies filles du campus en plus de prévoir l'heure et le lieu de l'after -on est-tu organisé nous autres !? - "Amos a la playa, para gosar a Lasarre, y que sigua la peda hasta Rouyn Noranda !" Des applaudissements chaleureux à not' arrivée, tous les locos sont là: la zique est ripou mais on va te changer ça ... Du rhum, mon homme, dans la barriga, dont le premier est offert par Simon, un aviateur français basé dans le coin muy sympatico ... Ça se prolongera jusqu' aux petites heures, avec beaucoup de shooters, des cigarillos, des beuglements vocaux et des tournées généreuses offertes par le patron: tout un détour en van pour se rendre compte le lendemain que l'hotel est à deux pas, de la grosse poutine pour caler tout ça et zzzzzzz ...
On t'a réveillé les morts à Lasarre, la bamboula la plus surréaliste de l'histoire du band et pourtant qui aurait pu prévoir cela vu la jauge public grisonnante et peu présente -une belle moitié de salle tout au plus- Une entrevue télé avec Gagoosh, des costumes, des babouches, une grosse en vie de s'lacher loosse ... Un set extra-terrestre, Mamadou en évêque protestant vicieux texan après la passe étudiant paumé en entomologie, Gonzo en pourvoyeur de contrat de construction eighties kétaine et Gaboo en star du disco moumoutte sa tête et manteau de fourrure à l'appui: de gros hugs pour renforcer notre rapport public dans la salle, des impros psylosophiques et des blagues salaces, entrecoupées de chansons plus ou moins tights mais ô combien senties, sans oublier un rappel complêtement raté du genre "si vous acht'ez tous nos cd on vous en fait une dernière ... "
Le ridicule ne tue pas, nous en avons enfin la preuve irréfutable !
Je ne me souviens pas de l'après show,j'ai du être moumoune ce soir là,alors je passe à la prochaine séquence,au mirifique chapitre de Villa Maria, pueblo de nuestro corazon ... Le Motel Louise, les gaufres exquises, la vue sur la rivière Outaouais, la salle Augustin Cherrier et les rebondissements de la reverb', comme une partie de ping pong sonore, et cela pour la plus grande joie de notre soundman querido Rico Lauzion ... Une bouffe à l'arrache et à la bonne franquette avec Franckie et Didace arrosé de beaujolpif' ... L'accueil plus que chaleureux de nos hôtes, les conseils de Taï-chi ... Un très beau concert, d'une traite, par en d'ssous, pour ensuite leur washer le système neuronal: des gens du cru fabuleux: Véro et ses deux chums enseignantes et l'innénarrable Grenouille, chansonnier imbibé mais ô combien inspiré qui nous a fait tout un show backstage accompagné du jamais tuable Anit Yam ... Rebelotte pour un jam acoustique autour du piano boogie woogie du motel avec le panda et l'animal déchaînés: le patron nous avait réouvert spécialement pour l'occase et rincé la gueule jusqu'à plus soif ... Merci à tous les bargeots de ce village festif, on revient quand vous voulez !
Dernière ligne droite du marathon chango, le Festival du Film de Rouyn Noranda: une belle invitation, qui nous a fait chaud au coeur: accueil hallucinant avec des tentures africaines et du fromage dans les loges, un gueuleton hors pair avant le show ou Gonzo nous a bouffé devant le gueule un 16 o de roti de boeuf en sauce ... on était pas en reste avec le Franckie et notre filet mignon sauce champignons ... Bouteille de pif', expresso à l'italienne dans la gousse et los vamos en retard mettre le feu aux poudres:beaucoup de monde pour nous voir à soir, on mets le paquet avec deux sets bien serrés ... Sur "C'est pas la fin du monde", Caracol et Marylin manquent de peu de se prendre un projo sa yeule, mais très pros, font mine de rien ... À la pause, belle rencontre avec Moussa Séné, un musicien et cinéaste du Sénégal qui est venu présenter Madame brouette, son film au festival et à qui nous dédions "Como el viento" ...
Mon inquiétude de tournée est passée à la fin du concert: tout va bien, ma petite Zïa m'attend sagement dans le bedon de sa maman, et la Van frite mobile file à tout allure sous les brumes et la pluie pour arriver à temps, au petit matin à la Casa Del Sol ...

Bilan des opérations:une super belle tournée à l'autre bout du spectre de L'oeil du cyclone, une vibe fluide et fraternelle malgré la fatigue et les épreuves, des concerts inspirés et un super rapport public ... on revient quand vous voulez faire les dingues en Abbitibi-Témiscamingue !!!

posted by Lundo 00:01

This page is powered by Blogger. Isn't yours?