CHRONIQUES CHANGOLOS

pour te tenir au courant del rio Chango

mardi, janvier 20, 2004

Qui va gérer les ingérables ?  

Salut à toutes et à tous !
L'année du singe de bois nous arrive comme une bénédiction pour la famille de bonobos festifs que nous sommes et c'est justement une native de ce signe chanceux qui va dorénavant s'occuper à gérer les affaires de vos ingérables serviteurs ...

Son nom ? Eve Couture.
Son mail ? à la page Contacts du site.
Son pedigree ? excellent comme il se doit !
Et tout ça pour que le nouveau papa qui vous parle ait plus de temps pour sa douce et ses lutins ...
Elle est pas belle la vie ?
hasta la fiesta siempre !

posted by Lundo 12:41

dimanche, janvier 04, 2004

LES CHRONIQUES PARISIENNES: 23 nov au 5 déc 2003  

C'est la tête dans l'cul de la bamboula furax au Va-et-Vient, p'tits yeux frits et barre frontale que je partais vers Mirabel, accompagné de Silvio Gonzales qui me donnait un lift avec le désormais célèbre Tonton Téquila, van poussif devant l'éternel, même avec Dieu comme copilote ... Mon sac chargé de tortillas chango et de moults dossiers de presse enregistré, ma guitare de rue épargnée par la charmante hôtesse d'Air Transat, je flânais au hazard, épluchant ça et là quelques magazines à la con avant qu n'arrivent Rico Lauzion et la gang de Stefie Shock en résidence pour quatre jours au Sentier des Halles à Paris ...

Après la valse des contrôles, des douanes, du duty free et une traversée pas trop mouvementée de l'Atlantique dans les cieux, un repas à l'image des navets cinématographiques gracieusement offerts par notre transporteur et un sommeil en pointillés vu le grand espace alloué à mon corps d'escogriffe, nous arrivâmes au petit matin à l'aéroport Roissy CDG, décalés mais contents; c'est à la sortie du zingue que je rencontrai par hazard Pierre Gourde, rockeur au grand coeur et éclaireur missionnaire pour la SOPREF, en Cefran pour six mois afin qu'ça brasse quoi ! On se prend deux kawas philosophiques puis le RER jusqu'aux Halles: mucha emocion, mon palpitant s'emballe un brin, trois ans que j'avais pas mis les pieds dans cette bonne vieille capitale ...

Repérage du quartier Montorgueil sous toutes ses coutures pour les jours à venir, délestage de la besace chez mon pote Tony le truand, un jambon beurre dans la gueule et via le forum pour aller écouter de la bonne zizique:le dernier des Têtes Raides (****), el ultimo Sargento (plus reggae mais très bon) Lo'Jo live (excellent surtout le poème parlé) mais vu mon budget -très- serré, ce sera pour une autre fois ... Court passage dans un café internet à faire avant de goûter à una siesta crapuleuse et fatale qui fait qui fait que je loupe mon rendez-vous avec Travis Burki -alias Ü- au Connétable et qu'on trouve le moyen de se prendre la tête pour des divergences de perception avec le Polo clébard: on ira finalement pour la dernière chanson du loup décharné chicos, croisement improbable entre Arthur H et le dandy en guêtres qui dévoit Pinocchio du droit chemin ...

Sur ces entrefaites arrivent Rico- qui s'extasie sur LYLO, un hebdo gratos qui t'annonce tous les shows en ville et les bons plans-, Stéfie et Les Shockettes qui tâtent de la nuit parisienne, passablement sur les g'noux quand même: en passant, l'endroit - le Connétable -fait une part belle à la chanson dont pas grand monde ne veut avant qu'elle soit très connue -ça c'est pas nouveau-: La Rue Kétanou ,entre autre, s'y est fait les dents et les mains dans cette cave intime comme à Saint Germain (du blé) où le vin est bon et pas cher et la patronne pleine de verve et d'attention ... Les lundis à Paris c'est pas la folie alors autour de minuit retour à la casbah guitare en bandoulière par les rues du Marais où je joue la sérénade à tous les passants ...

La plus belle façon de connaître la ville lumière est d'arpenter ses rues et je m'y applique malgré la grisaille et la bruine: levé sur le tard,le jetlag dans les dents, je saute dans mes bens direction Télégraphe pour rencontrer Lolo,un vieux pote du Tshi qui bosse comme road manager avec le Gotan Project :on se rencontre dans un p'tit bistro de quartier tenu par une famille kabyle super cool; ça clique tout de suite, misma onda et beaucoup d'humour ... Un gars d'la rue qui l'a pas eu toujours facile,avec de la bonne gouaille et une voix rauque de fêtard à faire trembler les murs: d'ailleurs après deux expressos sur le pouce au comptoir, on attaque au kir direct et ça ne s'arretera plus jusqu'au petit matin ...

Imbibés comme des cocktails molotov,on fait un passage rapide par chez lui pour ensuite rejoindre un de ses "compadre" du Gotan, Christian, pour mater le C-VD fraîchement moulu de la smala:"boujé boujé" macadam stylee les fait beaucoup rire,ça les brancherait bien de faire quelque chose avec nous; ils me racontent quant à eux des anecdotes de tournée autour d'un bon pétard ...

Prochaine correspondance Bastille, plus précisement la Rue de la Main d'Or - En passant une anecdote qui l'est tout autant, cette rue a été avant que les bobos veuillent empêcher les bonobos d'swinguer, le refuge de tous les bargeots et fanfarons en tous genres: palpitants, tambours et mots cinglants résonnaient à la Grosse Caisse où Les Têtes Raides, Les fils de Teupuh et tutti quanti pétaient la santé et le boeuf hasta l'arrivée des keufs il y a un mois ... et oui la sarkose et la nécrose s'infiltrent toupar c'est la ronde d'ennui- pour des retrouvailles hautes en couleurs avec Gaëlle, une petite souris zazou qui a filé ma trace on da web, et que je n'ai pas vu depuis sept ans ! Le lieu des libations c'est "Les p'tits joueurs", où valsent à notre table les tournées de kirs et les tartiflettes avec le fameux Patate qui squatte nos pommes de terre, la frite bien arrosée, menacant pour de faux ses voisins avec une fourchette en plastique: à jeun, il a un label -Patate Records- (c'est d'ailleurs lui qui a fait connaître entre autres le Jim Murple Mémorial) & une échoppe de vynils spécialisée dans le bon reggae sous toutes ses formes: cultura mondiale, Belleville international ! Il est deux plombes on se fait tej' dehors alors on se finit à l'Olympico, flairant les bons jams pour la fin du ramadan: niet popov, nada, queutchi, un ballon d'Sauvignon dans le gargoton, puis c'est la strade, chauds pour continuer la virée mais pus de rade ...

On a loupé Kanjar'oc à la Flèche d'Or dans le volet du festival organisé par le label 300 % indépendant Small Axe -dont la compil' qui justifie le clin d'oeil est tout bonnement hallucinante, presque rien à jeter, un catalogue impeccable du paysage indé franco festif - mais on s'est consolé avec une putain de soirée magique "Aux Couleurs", rue St Maur, dans le 9ème en compagnie de Fantazio, gai luron contrebassiste de la fanfare Les ch'vals: trois heures de show avec une pause alcoolique entre les sets: c'était paqueté de monde grave au début -ça a l'air que c'est son fief cet endroit là-, il pleuvait, on était avec Lolo en phase digestive après un repas copieux et arrosé au Charbon pas loin, devant la porte pendant un bon moment ... la patience fut payante et valait l'coup:un fou braque de la mort avec contrepoints vocaux à l'hélium,scratching de grand-mère,homophobie pour rire, "french touch pipi", textes crachés en impro et un band tight en tabarnak, tout dans les basses -soussaphone, sax baryton, drum, percus- Arthur H n'a qu'à bien se tenir comme on dit, il est pas loin de se faire botter le cul !

Une belle ballade dans les ruelles épicées de Barbes le jour de ma rencontre avec Soizic et Willy, alias Kaltex, la 2ème famille du Tshi -qui décidemment m'aura refilé de sacrés numéros- ... Une bouteille de Beaujolpif dans les mains, j'arpente les six étages jusqu'à la porte décorée de gri-gri en tous genres: un déjeuner à la bonne franquette (pain,pâté,fromage,pinard & même du bon afghan !),des conversations riches et comme une sensation de déja-vu dans les mondes oniriques au moment où je regard le tableau d'un sage indien qui trône près de leur divan ... Ils me font découvrir l'étendue et la beauté de leur travail autant dans la peinture, la sculpture que dans leurs carnets de route filmés aux Indes, en Thaïlande et au Maroc -où ils ont monté avec Tshi une caravane expo-:des portraits signés avec humour et poésie,tantôt en silence, tantôt en voix off et du download haute vitesse pour mon bocal d'étudiant fasciné ... une visite déambulatoire au Trianon -une très belle salle de spectacle- ,au Cargo 21 et par les ruelles de Pigalle pour digérer un brin !

Le soir venu,sous une Lune magique,c'est le concert de Los Tres Puntos ,une tribu de déjantés notoires on da stage, trilingues et fort sympathiques -il m'ont invité comme ça après qq mails -:hermanitos de La Mano mais pas des clones, un son bien skaliente avec de la conscience sociale in ze mix ... Yaman ! On s'est même échangé nos galettes mais j'ai du filé avant le set des Maximum Kouette,dernier métro oblige et pas assez de bidous pour un taco ...

La palme revient quand même à notre dernière soirée à L'Imprévu II,rue Sambre et Meuse,dans Ménilsmontant, un rade qui paie pas de mine si t'as pas les yeux du coeur, où vient jouer El Gafla -la caravane en arabe, un collectif du quartier où joue d'ailleurs B-Roy, l'accordéonniste de Radio Bemba ... en passant, leur son est dispo sur Radio Chango- et qui commence tranquillou à booker des bands pour chauffer la place et allumer tout le barrio de plus en plus dans la philosophie "Unity in da community" ... ça s'organise grave au nord de Paris pour créer une cultura mondiale dans le respect des traditions et des différences de chacun:slam, jams,autour d'un thé à la menthe,en fumant la chicha à la roots ... C'est Boris,qui s'occupe de l'asso "Sin Fronteras" del Sargento Garcia,rencontré 48 h auparavant au même endroit qui avait callé la shot,voulant me présenter un de ses grands potes Karim Albert Kook, un authentique bluesman kabyle avec des ailes à son fauteuil roulant et un jeu de tueur à gages à la guitare folk: des étincelles dans les yeux et une grande amitié qui naît tout de suite en un snap de doigts manouches ... on s'échange des tounes autour de la table, mucha emocion, beau jam sous les oreilles complices de notre entremetteur d'ondes qui enregistre tout ça à chaud pour son émission sur Fréquence Paris Plurielle ... toute la gang des furieux est là, ça picole en masse, le bonheur est dans la place pour cette ultima bamboula avant de retourner hasta Montréal avec une bonne grippe dans l'corps ...

Un cadeau inestimable le dernier jour de mon périple:les retrouvailles avec Bab's, mon frêre spirituel et maître de musique après sept années de mutuel silence radio et d'épreuves des deux bords ... je ne suis pas peu fier de lui parler du chemin accompli,de lui montrer les photos de ma petite famille et de partager une heure ou deux à discuter de la vie autour d'un thé salvateur ... Nous nous retrouverons peut-être cet hiver à Dakar au Sénégal, Inch Allah !

Voilà, ce sera le point d'orgue ou le coda de ces chroniques avant les prochains voyages qui nous appellent dans quelques temps une fois de plus de l'autre côté de l'Atlantique: retrouver Paname a été un bon kick pour l'inspiration, un retour aux sources, une plongée comme un flash dans les rêves à venir ... "

posted by Lundo 02:33

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