dimanche, avril 3

BABYLON BYPASS : UN MIRACLE COLLECTIF AUTOPRODUIT! 

Ça y est !
Neuf mois de gestation, un hiver à plancher comme des titans, de la pré-prod so- so jusqu'au mastering et avec les bourgeons naissants du printemps nous sommes fin prêts à vous présenter Babylon Bypass, un double album live et studio auto-produit sans aucune subvention du gouvernement, mais qui sonne la tonne, statement punk s’il en est …vu le budget total !!!

Nous avions bien de trop de matos pour un seul CD, on était presque acculé aux coupes franches du côté live, limités par les 77m56 que nous donnent les tortillas numériques et c’est grâce à l’ouverture de Christian Breton de Outside Music notre partenaire en distribution que le rêve originel d’un double a pu voir le jour !

Un petit rewind nécessaire : on est allé frappé aux portes des familias et des amis
proches de la gang, certains comme Pru, notre fan #1, public relation 4 U, ont mis la main à la poche tandis qu’on la mettait à la pâte, Musicaction jugeant notre projet trop vert et trop poche pour nous donner un coup de main …

Le point de départ de toute cette histoire !? Un café philosophique rue Rachel en compagnie de François «White Shark» Chauvette, batteur inspiré - Les Triplettes de Belleville, Yann Perreault, Yannick Rieu et j’en passe- et sorcier anal-logique ( I mean with him there’s not shit in da mix ! ) qui a déjà donnée sa touch à Dobacaracol et Afrodizz . Personnage intense et contradictatoire, il s’investit à fond, sans jamais compter ses heures et voit en ce projet d’alboom « l’heure de l’efficacité et de la maturité », expression proverbiale devenue un running gag du band depuis …

D’autres acteurs de l’ombre dans cette expérience : Hugues Bourque, tout d’abord, alter ego du requin blanc et orpailleur de bonnes idées sans qui la mise en place des basics tracks et le marathon des mix n’auraient été possible …

Alain Girard, percussionniste et ingénieur de son amoureux des musiques du monde qui nous a fourni du précieux matos et a participé aux prises de son live du Va & Vient, du Club Soda et du Lion d’Or, en duo avec Sébastien Rivard notre soundman: un casse tête chinois vu le nombre de musiciens sur scène !!!

Sans oublier enfin Élie à qui l’on doit le son acoustique hallucinant un soir de septembre au Va & Vient …

Nous avions envie de sortir d’une lecture habituelle et d’offrir à l’auditeur un voyage plus qu’un simple alignement de chansons, celles-ci étant souvent pensées et vécues comme des carnets de route, d’où les interludes tapés sur mini disc au Sénégal -avant la pièce amoul Solo - et bamba po’ los ricos , une version chantée par un ami et jouée à la jalana, une guitare mexicaine à sept cordes, entrecoupée de discours del sub-commandante Marcos qui se bat depuis 10 ans pour la cause indigène au Chiapas … yendi alive ! qui clôture le disque studio est un extrait d’un carnaval au Ghana ramené dans les valises de Rico Lozion, dub wise qui a orchestré les montages cités plus haut et nous a offert le mix magnifique de positive people

London Calling des Clash : disque légendaire et point de départ, référentiel de notre nouvel album : un disque dense, double et éminemment politique,sans avoir le nez collé à l’actualité d’où sa force brute intacte après vingt cinq ans …

Punky reggae party … Dénoncer les injustices sociales avec un humour corrosif … Et « phagocyter » tous les styles qui nous passent sous les doigts et dans le cœur avec respect et insolence du plus trash au plus acoustique, en un carré de sable infini !

Un enregistrement live est une affaire pas mal compliquée, on s’en rend compte : être tight, inspirés et tous ensemble sur la coche, penser public mais faire en même temps attention à ca qui se joue tient au miracle ni plus ni moins surtout à 11 … Le versant acoustique qui ouvre le second disque sera étonnamment facile au regard du matériel reggae et latino … cinq concerts en multipistes auront été nécessaire pour aller puiser la quintessence de nos performances; sans oublier les heures passées à nettoyer le lick de certains instruments sur d’autres tracks … Un moment magique de cette aventure live !? Sans hésiter notre hermano Simon Gauthier à la scie musicale sur la chanson misanthrope … historique !

Préproduction dans le local de répèt’ de deux mois, trois fois par semaine, minée bien souvent par les retards et les prises de tête inhérentes à tout collectif … Et il faudra malgré tout parfaire la proposition rendus au studio Elektrik Bones

L’accouchement des basics ne sera pas chose facile : ça prend un peu d’ajustement et un certain travail d’harmonisation des egos;trouver la confiance du guerrier … un peu d’édits ça et là pour que la fondation soit inébranlable … Ce qui ne marche pas sera tapé «à chaud » dans la folie des concerts … Au fur et à mesure que les musiciens rentrent,on sent mieux l’architecture des tounes et la frustation s’évapore pour laisser place au bonheur :les textures des guitares de Didace sont profondes grâce à une recherche alchimique du bon tone sur des amplis vintage loués par Joe des Breastfeeders , idem pour les keyboards de Funky Francky: on veut un son à la fois roots et moderne, à l’image de notre univers éclaté et cosmopolite …

La section de cuivre,gonflée par la venue de Dominique Léveillée - Papa Groove, La Galère, Vénus3 - donne une moisson de soleil aux grosses pièces, Hassan El Hadi et Karim de Syncop des tours à que Dieu te bless’, respectivement au oud carcabas et à la voix; Marco nous réchauffe avec ses percus cubaines les tounes sound systeme, Maruchka et Mélissa rejoint par Carole de Dobacaracol sur 2 titres world peace riot & sun is comin’our way inoculent une belle dose de douceur et de féminité, malgré les épreuves pour atteindre tightness et harmonie !

Anit signe des arrangements somptueux de cordes - que Dieu te bless’ - mais quelle difficulté il y aura eu à graver son apport: plus à l’aise en live, c’est une évidence et caractère incompatible avec François Chauvette notre réalisateur, d’où un intense boulot de diplomatie qui en résulte, avant que les sourires n’exultent !

Un déluge retardera même le processus, le studio étant inondé, on fait les voix des gars entre les pots de peinture et les cartons, à l’arrache autour de bouteille de Jägermeister histoire de chauffer les boyaux; on re-amp’ les basses avec un gros Ampeg pour avoir du son fat ; Franck nous fait son vieux chicano, Didace est en feu pour ses solos et je peux enfin poser mes voix dans un micro Langevin vintage dans lequel a chanté nul autre que Gerry Boulet … Yeah !!!

Le temps presse mais on ouvre une dimension parallèle qui permet les ultimes collaborations rêvées : Q-Banito de Convoy Cubano pour un rap inspiré sur las cosas chicas , Buntin Neil de Inus Aso pour un ragga mystique sur positive people et enfin Papa Samb des Compagnons du Dernier Mile pour des afro electro vibes sur liberation work … Juste avant d’être papa, Alain Girard nous fait les derniers transferts et overdubs des mix live : c’est d’ailleurs chez lui au Studio Sygma qu’on a enregistré la pièce hommage au Sénégal amoul solo où sont venu collaborer Elage Diouf aux dun dun et chœurs & Nathalie Cora , déjà familière à notre univers !

Des nuits blanches, à cran, heureux, c’est selon, à mixer, à écouter et à perdre les tounes -vive la technologie – à passer sur le tape,repasser par l’ordi,pu savoir où on va à trop écouter autrui … pour enfin arriver pas frais et pas prêts chez SNB pour le mastering ! Ça marche pas ! On capote ! Et dans une ultime ligne droite, White Shark reprend solo le final mix de trois tounes au complet - otro mundo , amoul solo & en rang d’oignons – pour enfin toucher le ciel … Deuxième & dernier jour de mastering, sous l’aile de Renée Marc Aurèle, on donne la touche finale au disque live et c’est un moment de grand bonheur, livré à temps …Quatre jours de brosse historique partout à Montréal pour être sûr du son & fêter ça comme il se doit … Yes I !!!

Le résultat vaut bien trente six chandelles sans pétages de bretelles et justifie tous les doutes, les épreuves, les chicanes, les traversées de désert: l’absence de subvention nous a fait jouer avec le cœur et la rage au ventre, l’humilité des moyens a fait pédaler à bon rythme le p’tit hamster de nos cerveaux et que dire de la générosité de la smala élargie : Paule pour la coordination de la prod, Vlada por la guerilla web, Virginie et les fées de l’UQAM pour les relations de presse et Yves Archambault, frêre d’arme qui nous fait l’immense honneur de sculpter dans le bois le nom de la famille et a calligraphié comme un maître zen tout le visuel de notre album de l’affiche au flyer en passant par le merchandising et tout ça de façon bénévole …
Alors, un miracle collectif auto-produit et non suventionné,un statement punk : aucune de ces expressions n’est galvaudée mais représente bien la vérité de cette putain de belle histoire …
Yaman !!!


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